EUROPE 1 nait le 1er janvier 1955 à 6h30 sur 240 AM
à l'initiative de Charles Michelson.
Il
s'agit en
fait d'une émission expérimentale qui ne durera
qu'une
trentaine de minutes sur la fréquence de
l'aéroport de
Genève. Dans les jours qui suivront, la radio changera
à
plusieurs reprises de fréquence, allant jusqu'à
brouiller les émissions de RADIO LUXEMBOURG qui protestera
vigoureusement.
A
cette
époque il n'existe que quelques radios: PARIS INTER
(née en 1947 et qui
deviendra FRANCE INTER), PARIS MONDIAL (1938, qui deviendra RFI), RADIO
MONTE CARLO (1942, qui deviendra RMC) et RADIO LUXEMBOURG (1931 qui
deviendra RTL).
Ce
n'est que le
3 avril 1955 que la radio, reprenant l'ancienne
fréquence de RADIO PARIS, se fixa sur 1647 m grandes ondes
(183
khz), depuis l'émetteur situé sur le plateau du
Felsberg,
près de Sarrelouis (Saarlouis) en Sarre.
Le
gouvernement contraint rapidement Michelson à
quitter la
radio alors en proie à des difficultés
financières. En septembre 1955, Sylvain Floirat fut
appelé par le gouvernement
français pour reprendre la société
Europe n°
1. Il en devint
propriétaire en juillet 1956 et fait appel à
Louis
Merlin et Maurice Siegel qui prennent alors la direction de la station.
A partir
de
1959, l'état prend le contrôle d'une partie du
capital de
la société par l'intermédiaire de la
Sofirad. La
régie publicitaire Régie n°1 est
créée
en 1960.
Cette
nouvelle
radio révolutionne le journal parlé en
créant un
nouveau style totalement inconnu des autres stations. Trois personnages
en sont à l'origine: Claude Terrien, Jean Gorini et Pierre
Sabbagh.
EUROPE
NUMERO 1
commence rapidement à faire de l'ombre à
RADIO
LUXEMBOURG qui détient alors le monopole du
marché
publicitaire. La station, moins ringarde que sa grande soeur
auprès des jeunes, doit son succès de
l'époque
à de célèbres
émissions comme
"salut les copains", "signé Furax" ou encore "le
café de
l'Europe".
En
mai 68, tout
comme RTL, la radio est accusée par le ministère
de
l'intérieur de guider les manifestants dans Paris. Elles
sont
ainsi désignées comme des "radios barricades".
Son image
en est quelque peu ternie, et EUROPE NUMERO 1 voit son audience et ses
finances plonger.
Les
propriétaires font alors pression sur la
rédaction pour
qu'elle s'assagisse. Le directeur Maurice Siégel conserve
son
poste, mais de nombreux journalistes sont finalement
remerciés.
En
1972,
après avoir échouée à un
casting de voix, Michel
Brillié fait entrer Julie, qui deviendra "la voix d'EUROPE
1".
En
1974, nouveau
bouleversement: Valéry Giscard d'Estaing, élu
président de la république, ne supporte plus
l'insolence
du ton d'EUROPE 1. Maurice Siégel est
renvoyé, suite
à des pressions de l'Elysée et du premier
ministre
Jacques Chirac.
L'affaire
fait
grand bruit. Siégel publie "vingt ans, ça suffit
!" pour
y régler ses comptes. Certains journalistes quittent la
station,
d'autres reprennent le travail après avoir
demandé des
garanties d'indépendance vis à vis du pouvoir
à
Jean-Luc Lagardère, nouveau directeur. Celui-ci nomme
Etienne
Mougeotte directeur d'antenne.
En
1976, EUROPE 1 est en tête des audiences, devant RTL et
FRANCE INTER!
Guillaume
Durand
entre à EUROPE 1 en 1978 comme grand reporter puis devient
présentateur de flashs d'information. Il est
nommé
rédacteur en chef adjoint du journal de 8 heures puis de la
tranche 7h-8h.
En
1981, c'est
l'alternance à la tête de l'état.
François
Mitterrand est élu et Etienne Mougeotte contraint de
démissionner.
La
gauche met en
place la nouvelle direction et s'immisce dans les choix
éditoriaux de la radio. Les radios privées
désormais autorisées sur la bande FM captent une
partie
de l'audience d'EUROPE 1 qui amorce alors son déclin.
Philippe
Gildas
prend la tête de la direction de l'antenne. Sont
créés: le "top 50" (classement des meilleures
ventes de
disques) et de nouvelles émissions insolentes, comme celle
animée par Coluche. Mais les radios
généralistes,
commencent à perdre inexorablement de l'audience.
Jean-Pierre
Elkabbach rejoint EUROPE 1 en 1982, où il sera
successivement
animateur jusqu'en 1987, directeur d'antenne et
présentateur du 8h-9h de 1987 à 1988, puis
directeur
général adjoint en 1988.
L'état
entamme une série de privatisations, dont TF1 et EUROPE 1.
Le
3 avril 1986, la Sofirad vend à Jean-Luc
Lagardère et à sa société
Hachette sa
participation de 34,9 % dans EUROPE 1. La radio est ainsi
complètement privatisée.
En
novembre
1986, EUROPE 1 se lance sur la bande FM avec "la fréquence
magique" qui deviendra rapidement EUROPE 2 (aujourd'hui VIRGIN RADIO).
Dans
les
années 90, la radio fait venir Arthur, Christophe
Dechavanne,
Jean-Luc Delarue et bien d'autres têtes
célèbres du
petit écran. Jacky Gallois animateur des débuts
d'NRJ arrive sur la station.
En 1992, la chaine de télévision LA CINQ est en
faillite.
Rachetée quelques mois auparavant par Hachette, Jean-Luc
Lagardère envisage de fusionner sa rédaction avec
celle
d'EUROPE 1. Refus catégorique de la part des journalistes de
la
chaine de TV qui cessera d'émettre le 12 avril 1992.
En
1995, la
station continue de dégringoler, passant sous la barre des
10%
d'audience. Jérôme Bellay, le créateur
de FRANCE
INFO est alors appelé à la direction
générale de l'antenne dès 1996.
Il
choisit un
format "news & talk" qui a, au début, un peu de mal
à
s'imposer. EUROPE 1, repassée en mono, finit par franchir de
nouveau les 10% d'audience cumulée, grâce
à une
grille bien organisée, ne comportant quasiment plus aucune
tranche musicale.
Elle embauche Laurent Ruquier pour ses
après-midi, qui lui a notamment permis d'attaquer RTL sur
l'un
de ses créneaux privilégiés (les
grosses
têtes). EUROPE 1 reste la championne incontestée
de
l'audience sur les cadres.
Jérôme
Bellay met à l'antenne une ancienne "lofteuse" ou bien
encore
Karen Chéryl qui deviendra Isabelle Morizet. Mais la radio
ne
parviendra pas à se redresser, restant dans la fourchette de
9
à 11 points avec une pointe à 11,5 points en
2000... Mais
aussi sa plus
mauvaise audience historique avec 8,3 points en 1998.
Le
8 avril 2005,
c'est Jean-Pierre Elkabbach qui prend la direction d'EUROPE 1
à
la demande d'Arnaud Lagardère qui succède
à son
père à la tête de "Lagardère
active", le
pôle audiovisuel du groupe Lagardère (EUROPE 1,
RFM, VIRGIN RADIO, MCM, GULLI...). Il souhaite
réaliser une "radio
généraliste
centrée sur l'information" tout en redonnant vie
à
la "légende EUROPE 1".
Le
18 juin 2008, Alexandre Bompard, directeur des sports
de
CANAL+ depuis 2005, devient président de la station,
à la
place de Jean-Pierre Elkabbach. Une grande partie du personnel quitte
la station.
Elkabbach conserve son interview du
matin dans une nouvelle grande tranche d'info animée par
Marc-Olivier Fogiel, dans laquelle intervient également
l'humoriste Nicolas Canteloup.
Jean-Marc
Morandini anime la tranche du midi, Laurent Ruquier conserve ses
après-midi. Michel et Marie Drucker arrivent à
l'antenne.
Un retour pour le premier en tant que présentateur... une
arrivée pour sa nièce en tant que journaliste.
Jean-Michel
Dhuez, Patrick Cohen ou encore Pascal Bertholot sont aussi quelques
unes des "signatures" de l'info en 2009.
Du
côté des animateurs, la station
a misé sur des
"têtes connues": Michel Field, Jacques Pradel, Faustine
Bollaert,
Laurent Baffie, Frédéric Taddei, mais
également
quelques animateurs un peu moins exposés: Pierre-Louis
Basse,
Franck Ferrand, Thierry Lecamp, Dominique Souchier...
En novembre-décembre 2008, pour la
première fois depuis 5
ans, EUROPE 1 atteint la barre symbolique des 10% d'audience. La
nouvelle grille semble plaire...
©
RESAPROD / RADIO-PHONIC 2009
rédaction:
Zack MOULLEC

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